Tartofrez

jeux de rôle, et divagations diverses...

09 janvier 2009

L'aide de jeu ultime et le fanboy de merde...

eloshas_scroll_bottomJe ne voudrais pas révéler un secret durement gardé pendant des années, mais il est possible que sur tartofrez on ait remarqué et apprécié la (nouvelle) série Battlestar Galactica. Alors que les diffusions de la seconde moitié de la dernière saison vont commencer dans une semaine aux USA - ainsi que la sortie en DVD de la première partie, les créateurs de la série ouvrent la saison de la chasse aux geeks. Ils organisent le jour du début de la diffusion de la dernière saison une vente aux enchères sur deux jours où ils vendent enormément de matériel ayant servi à la tourner : costumes, esquisses de développement, accessoires, parties des décors, etc...

Certains prix laissent songeurs et je vous passe les manuels de vols des vaisseaux, les boutons de manchette d'Adama, les livres de loi coloniale de son père, où ses photos de famille retouchées pour plusieurs centaines ou milliers de dollars. Ni des costumes de Caprica 6 qu'il vaut décidement mieux acheter au poids. Par contre, on peut voir notamment à combien sont estimés un raptor ($ 70 000), un viper ($ 55 000) ou un raider cylon ($ 35 000) tailles réelles. Oui, ça prend de la place dans le salon.

Mais ce qui est vraiment intéressant pour les joueurs de BSG RPG ou tout simplement pour les fans de la série, c'est la mise en disposition gratuitement en PDF du catalogue de la vente. L'intérêt est d'avoir environ 320 pages de photos en gros plans d'objets du quotidien (uniformes, vaisseaux, flingues, tableaux de bord, paperasse, etc...) qu'il est désormais très facile de montrer à ses joueurs lors d'une partie. Un peu de la façon dont le supplément "Du voyage et des voyageurs" le faisait pour Rêve de Dragon.
Bien sûr, si vous préferez la version imprimée, c'est possible aussi (attention, les frais de port sont élévés par contre).

Liens:
- Le site de la vente aux enchères
- Le PDF du catalogue
- Pour acheter le catalogue imprimé

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04 janvier 2009

Charlie don't surf !

bob_400x300_imageDepuis quelques années, j’ai très envie de faire jouer à mes joueurs une campagne de type « film de guerre ». Typiquement dans une ambiance plus proche de Stalingrad, Band of Brothers ou Il faut sauver le soldat Ryan que les équivalents de John Wayne ou Sylvester Stallone. Etant essentiellement un joueur de jeux historiques, j’ai déjà joué ou fait joué bien sûr un grand nombre de scénarios comprenant (voire entièrement axés sur) une bataille, ou plus généralement, un décor ou arrière-plan militaire (typiquement des scénarios se passant dans des sous marins pendant la 2nde guerre mondiale, ou du futuriste façon Battlestar Galactica) mais jamais un burst ou une campagne sur cette ambiance là. Ce qui s’en rapprochait le plus était un scénario sur l’invasion de la Crète pour Fang of Brothers, pourtant beaucoup plus pulp et fantastique.

Pourtant, je suis persuadé qu’il existe des techniques pour rendre bien les spécificités de ce genre d’ambiance, qui est tout sauf épique et pourtant n'est pas dénuée d'un certain souffle. Il en existe pour les films d’horreur, alors pourquoi pas pour les films de guerre. Je pense, mais je me trompe peut –être, qu’il s’agit justement d’une question d’ambiance avant tout. On peut penser au débarquement, bien sûr, mais Band of Brothers (par exemple) multiplie les épisodes où il ne se passe presque rien et où pourtant le suspense reste entier et où on ne décroche pas. Qu’il s’agisse d’avoir les protagonistes blottis dans leurs terriers à Bastogne dans le froid sans voir l’ennemi où de les voir passer un épisode entier à prendre une position d’artillerie que le groupe de pj moyen prendrait en deux rounds.

Il y a quelques jeux qui existent (la gamme GURPS WWII, Le Raid sur Innsmouth et No Man’s Land pour Cthulhu, Godlike, ShellShock, etc…) mais aucun ne donne ce que je cherche vraiment, à savoir :
- un vrai chapitre de conseils utiles aux meneurs sur comment mener ce genre de parties ;
- une liste de scénettes qui sans êtres des rencontres aléatoires ou des accroches de scénarios forcément, permettent de redonner du rythme et de relancer la partie.

Clairement, aujourd’hui, j’espère qu’avec Warsaw (plus d'infos ici) je pourrais enfin combler ce manque. En tout cas, c’est le jeu que j’attends pour ce genre d’ambiance et les premiers tests auxquels j’ai participé me rassurent sur ce point.

En attendant, j'ai lancé un nouveau brainstorm sur Casus No pour pour répertorier un maximum de ces conseils, trucs de mj ou scénettes en profitant de l'émulation et les mettant ensuite à libre disposition sur un PDF. On avait tenté l’expérience il y a deux ans et demi sur le sujet « faites triper vos joueurs », et j’avais été très satisfait du résultat (que l’on peut trouver ici).

Pour participer au sujet, cliquer ici.

Posté par tartofrez à 05:42 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 janvier 2009

Une année noire?

bfi_00m_q8uCa n’aura échappé à personne : c’est les fêtes. Bonne année à tous donc.

Je profite d’avoir un peu de temps pour voir une série de films que le père noël avait oublié de m’apporter. Après "Little Cesar" et "Les Affranchis", je viens de me refaire une de mes madeleines de Proust avec « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone. Ce film m’avait vraiment marqué gamin, et, si je n’avais sans doute pas tout suivi alors dans ses différents niveaux de flashbacks, il a clairement fait parti de ces quelques films fleuves qui m’ont fait aimé le cinéma. C’est peu de dire que le film n’a rien perdu de sa superbe, tout au plus quelques scènes ayant été pompées depuis paraissent cliché aujourd’hui. Rien de grave donc. Par contre, quel plaisir de reconnaître Jennifer Connelly dans un de ses premiers rôles ou de comprendre que Depardieu avait été pressenti pour le rôle de Noodles mais que De Niro lui a été finalement préféré.

En essayant de me renseigner davantage sur le film, je suis retombé sur un article d’une dénommée Sharon Y. Cobb sur le « nouveau noir ». Il date un peu (fin 2000) et vient d’une revue destinée à des scénaristes pour la télévision et le cinéma, mais il a le mérite de tenter de lister 13 points à prendre en compte pour écrire « un bon scénario de noir ».
Bien sûr, il y a autant à prendre qu’à laisser et, depuis, il y a autant de contre-exemples que de portes ouvertes enfoncées. Néanmoins, même si je suis pas d’accord avec tout, je pense qu’il y a sans doute quelque chose à en tirer pour nous autres, pauvres rôlistes. Je le laisse donc sur le blog si ça inspire des gens et je vais voir si je peux m’en servir pour mes envies actuelles de Cthulhu. Dans tous les cas, c’est à rapprocher de l’excellent chapitre de Nhaïgraoo dans Hellywood.

Du fait de son âge, cet article se réfère surtout aux films suivants comme tenants du nouveau noir (pour les plus connus), certains étant beaucoup plus surprenant que d’autres : Raging Bull, Basic Instinct, Reservoir Dogs, Red Rock West, Pulp fiction, Last seduction, Léon (si si), Usual Suspects, Fargo, Bound, L.A. Confidential, Ghost Dog…

1.    Le genre du nouveau noir

Le genre tourne en général autour d’une trahison pour des motifs avant tout personnels et dont les conséquences ont tendance à très vite s’accumuler et n’avoir plus aucune mesure avec la dimension première de la trahison.

2.    Le cauchemar et le crime

Le noir (nouveau comme classique) se doit de matérialiser nos peurs subconscientes et nos pires inclinations. De même qu’il doit comporter des scènes de crime. La tension dramatique vient généralement de l’anticipation de la violence de personnages qui n’ont que peu – et généralement pas – de qualités sociales ou de capacité à se repentir.

3.    Le bien contre le mal

Personne n’est ni bon ni mauvais ou plutôt tout le monde est les deux et l’ambiguïté morale des personnages encourage généralement à compatir et à comprendre la justification des actions les plus noires qui ne sont presque jamais posées en ces termes. C’est de la capacité à amener la compassion avec des personnages impossibles à défendre que va venir l’attachement du public aux personnages et donc à l’histoire.

4.    Le protagoniste est un antihéros

Sans déconner ? Le protagoniste est généralement un personnage au bout du rouleau avec aucun espoir ou presque de provoquer un changement positif dans sa vie. Il vit le plus souvent en marginal et à du mal à gérer face à un chaos extérieur et intérieur ; il est rarement courageux et généralement assez obsessionnel.

5.    Le point de vue du criminel

Surtout une redite du point 3. On prend le point de vue du criminel (lorsqu’il s’agit d’un protagoniste) pour nous amener à nous mettre à leur place et donc à nous attacher.

6.    Pas de rédemption

Au contraire de nombreux autres genres, le protagoniste ne connaît que très rarement de rédemption. Il peut regretter, mais il n’apprend jamais réellement de ses erreurs et ne va (presque) jamais réaliser un acte expiatoire et totalement désintéressé à la fin du film. Soit il s’en fout, soit il meurt avant.

7.    Isolement

Le protagoniste est toujours à l’écart des autres, que ce soit physiquement, mentalement ou socialement. Et plus il s’en écarte, plus sa déviance empire.

8.    Femme Fatale

Souvent, la seule lueur d’espoir pour le personnage principal est un personnage féminin qui fait partie intégrante de l’arc principal de l’histoire. Elle représente une vie meilleure mais a toujours ses propres motivations et finit généralement par se servir du protagoniste avant de le trahir.

9.    Sexe

Généralement, la femme fatale attire le protagoniste dans ses filets et le rend dépendant par une scène « hautement érotique » qui a pour conséquence que le personnage principal (et le public) en veut toujours plus et vire à l’obsession.

10.    Trahison et violence

Non seulement, l’anti-héro va être « corrompu » et trahi par la femme fatale, mais l’union des deux personnages (généralement contraires donc) va provoquer un pic de violence encore plus grand. De même que le sexe sera plus intense, la violence devra rivaliser en proportion.

11.    Uniquement pour adultes

Il n’y a peu ou pas d’enfants dans le nouveau noir (tout comme dans le classique d’ailleurs). Ils représentent l’optimisme et le futur et lorsqu’ils sont utilisés, ce n’est généralement que comme emphase (du désespoir, de la violence, etc…).

12.    Intrigues, retournements et coups de théâtre

La tension dramatique dans le noir est autant provoquée par les retournements de situation que par l’anticipation de la violence. Certains films sont plein de rebondissements (Usual Suspects) là où d’autres jouent surtout sur l’accumulation des personnages et sous intrigues (L.A. Confidential), mais lorsque tout prend place à la fin, il s’agit toujours d’une manipulation ou d’une trahison.

13.    Style cinématographique

Le noir a à la fois une esthétique propre mais elle vient plus du décor que de l’utilisation d’artifice cinématographiques lourdingues, voire putassier. Le simple choix des lieux suffit généralement à rappeler toute cette iconographie du moment qu’ils provoquent un sentiment d’isolement de peur et de violence.

Posté par tartofrez à 03:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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