25 janvier 2010
Tartofrez déménage (!)
Tartofrez va déménager vers un site qui devrait permettre de gagner en clarté et quelques petites fonctionnalités qui manquaient auparavant (la fonction rechercher sur les articles du blog, la blosophère qui récupère une place à elle et qui peut enfin faire la taille qu’elle mérite, quelques petits trucs pour la partie privée). Normalement, le nouveau site utilise la même adresse (www.tartofrez.com) et il ne devrait pas trop y avoir de problèmes, à part pour ceux qui utilisent des flux RSS (n'oubliez pas de les changer).
Les prochains jours devraient quand même être un peu chaotiques le temps de mettre les derniers coups de peinture, rapatrier les messages et organiser un peu le contenu, mais tout se fera désormais là-bas.
Ce site (tartofrez.canalblog.com) ne restera en ligne que le temps de récupérer les anciens posts.
22 janvier 2010
Blogosphère rôliste
Un amour de robot...
Un billet côpinage.
Quand il ne fait pas de jdr, Matthieu Destephe (qui a bossé entre autres sur Mantel d'acier, des traductions pour Dark Heresy et a filé pas mal de coups de main dans l'ombre à pas mal de projets divers), est un petit génie de la robotique. Le genre à aller bosser dans le labo de recherche d'une des principales universités tokyoïtes sur un projet encore moins connu que Goldorak.
Du coup, j'en profite de faire un petit peu de pub pour cette revue pour laquelle il travaille maintenant : Planète Robot. Le prochain numéro devrait sortir milieu de semaine prochaine et sûrement intéresser tout ceux qui s'adonnent aux joies du cyberpunk, transhumanisme de l'anticipation et autres...
Bref, meneurs de cyberpunk, shadowrun, eclipse phase, kuro, et consorts, guettez votre buraliste...
Norwegian style : Le jdr en Norvege (intro)
La suite. Ou plutôt le début, avec l’introduction du livre…
Pourquoi en parler ici au lieu de parler directement des jeux ? Parce qu’elle parle de l’histoire du jdr en Norvège, un peu de la façon dont il est pratiqué et surtout de la façon dont il est organisé. Certains éléments permettent de relativiser sur la façon dont on peut percevoir les choses sur le jdr en France, d’autres laissent carrément songeurs.
Ce que j’en ai retenu, sans avoir d'autres source sur le sujet et en gardant bien en tête que l’ouvrage en question cherche à promouvoir à l’étranger une certaine vision du jeu revendiquée comme nationale ;
- Les norvégiens, comme nous, jouent essentiellement aux jeux traditionnels. L’auteur cite DD et le WoD en tête ;
- Comme ailleurs, les rôlistes sont aussi des râlistes ;
- Le premier jeu norvégien a été publié (dans son pays donc) en anglais, sans grand succès, et avec de fortes suspicions d’avoir été en fait financé par l’église de scientologie. C’était en 1987 et on pouvait toucher un serpent géant dans 28 localisations différentes ;
- Apparemment, il n’y a pas (ou peut être pas avant 2000) d’éditeur de jdr à proprement parler. Ils sont publiés par des maisons d’éditions classiques. Oui, genre Gallimard ;
- Jusqu’en 1999, les jeux (au moins pour les non traduits) sont essentiellement amateurs ou à compte d’auteur. Ils se font connaître soit par le circuit des conventions, soit par le bouche à oreille, soit par le principal fanzine local : imagonem ;
- En 1996, un jeu étrange sort, vendu sur disquettes sans règles et avec une présentation powerpoint comme livret d’univers. C’est un jeu « politique » se situant dans une Norvège quatre ans plus tard où l’extrême droite chrétienne a pris le pouvoir et des démons déguisés en anges se promènent sur Terre ;
- En 1999, pour la première fois un jdr norvégien sort dans une « vraie » maison d’édition. C’est un medfan apparemment classique, mais dont le côté cru jure assez avec le côté simple et propice à l’initiation des règles ;
- En 2000, l’auteur du jeu en question créée une organisation qui reçoit l’équivalent de dizaines de milliers de dollars de leur ministère de la culture et qui reverse des bourses d’environ 1500 dollars à des concepteurs de jdr. Par contre, bizarrement, un seul débouche sur une parution réelle ;
- En 2004 est créée l’association des concepteurs de jeux. Comme on s’en doute, les moyens ne sont pas énormes et, en plus de la « jeuderologie », ils organisent des ateliers pour aider ceux qui veulent s’y mettre ;
- Quelque part dans ces années, d’après l’auteur, commence à se créer un « style norvégien » allant voir ce qui se fait ailleurs (notamment au niveau de l’indie US) mais avec un twist local, mettant davantage l’accent sur la jouabilité, la coopération et la simplicité. Un des effets les plus visibles serait l’apparition de ces fameux « roleplaying poems » ;
- Une organisation appelée Hyperion se met en place. Elle correspond en fait à ce qu’on pourrait appeler une fédération recensant 12 000 membres qui se charge d’aller parler aux médias et aux politiques. Concrètement, elle lève des fonds auprès du ministère de la culture et finance certaines autres organisations (comme celle des concepteurs de jeux) ;
- En 2006, par exemple, l’éditeur du livre est subventionné par le même ministère d’écrire un jeu sur la persécution des juifs durant la seconde guerre mondiale. D’un point de vue bureaucratique, le jdr est donc reconnu non seulement comme culturel, mais aussi artistique ;
- Depuis 2005, un concours appelé RISK (un royal rumble sur une semaine) attire et fédère une communauté de concepteurs. Il en va de même pour certaines conventions bien identifiées.
- Si j’ai bien compris, aucun jeu local n’a eu plus de trois suppléments publiés. Le premier (le seul ?) est un jeu publié à compte d’auteur en 1993 qui n’a pas connu le succès.
Et sinon, pour ceux qui auraient des doutes, Drakar och Domener, Kult et Mutant Chronicles restent des jeux suédois et pas norvégiens.
21 janvier 2010
Norwegian Style : An anthology of Norwegian role-playing games.
J’en avais déjà parlé plus ou moins ici, mais je commence à regarder de plus en plus du côté de la Scandinavie pour voir ce qui s’y fait en matière de jdr. J’avais eu la bonne surprise d’essayer certains jeux mis à disposition en anglais sur ce site, et de leur trouver une saveur et une fraîcheur particulière. D’une certaine façon – et ce n’est sans doute pas sans raison – cela me rappelle l’enthousiasme que j’avais lors de mes premiers essais dans certaines variantes du jdr : murder, semi-réel façon mascarade, etc…. Cela dit, cela reste quand même proche du jdr traditionnel et ne le remplacera sans doute pas non plus. Si j’osais, je dirais que cela a de commun avec le jdr indie us « courant » de ne pas hésiter à remettre en cause une partie de ce que nous prenons pour acquis, et donc d’innover, mais en ayant le bon goût de plus se concentrer sur le jeu que sur la façon de parler (ou de répartir le pouvoir, etc…) du jeu ou de le simuler. Bien sûr, la caricature est grossière…
J’étais donc tout content ce matin de recevoir dans ma boîte au lettre le livre édité par le site ci-dessus : Norwegian Style : An anthology of Norwegian role-playing games. Comme il y a pas mal de choses très intéressantes dedans, et que je n’ai pas forcément envie de me précipiter à tout lire d’un trait, je vais sûrement faire plusieurs billets pour passer en revue son contenu.
La table des matières tout de même : :
- une introduction très intéressante par Even Tomte & Matthijs Holter;
- Fuck Youth, un “story game” par Matthijs Holter sur les souvenirs et les limites de la jeunesse ;
- It wasn't me! , un “story game” par Lasse Lundin qui me plait particulièrement où les joueurs incarnent tous un suspect dans une affaire de meurtre dont on ignore qui est le coupable ;
- Until We Sink... un “role-playing game “ par Magnus Jakobsson dont j’avais déjà parlé sur tartofrez;
- Stoke - Birmingham 0-0, un “role-playing poem” par Tomas HV Morkrid sur des discussions de bar entre supporters après un match insipide dont il n’y a rien à dire ;
- Zombie Porn, un “role-playing game” par Matthijs Holter don’t le titre évocateur ne cachera pas le fait que je ne l’ai pas encore lu ;
- Wanderer, un “role-playing game” par Oivind Stengrundet ;
- The Father, un “role-playing game” par Erlend Sand Bruer où il est question de “tuer le père” dans tous les sens possibles du terme. Le plus dérangeant pour moi ;
- Retrospect, un “role-playing poem” par Even Tomte sur des joueurs de GN en train de débriefer (sic !) ;
- Itra's City, un supplément d’Ole Peder Giaever & Martin Bull Gudmundsen pour un jeu apparemment connu là-bas du nom d’Itras By;
- Pervo, un “role-playing game” par Tomas HV Morkrid dont l’alléchante description parle d’un meneur qui se vengerait de tous les joueurs et personnages qu’il a eu à divertir jusqu’alors ;
- Storyboard, un “story game” par Rune Valle ;
- New Voices in Art, un “chamber LARP” par Tor Kjetil Edland, Arvid Falch & Erling Rognli ;
- In the Belly of the Whale, un “story game” par Magnus Jakobsson ;
- The Trouble with Demons, un “role-playing game” dont j’attends vraiment beaucoup par Margrete Somerville. Sans doute celui que je vais lire en prochain ;
- Gun Smoke, un “story game” résolument western par Håken Lid. A conseiller à tous ceux qui comme moi ont été traumatise par les demos de Repos Production sur divers salons ;-) ;
- The New Middle Ages un “role-playing game” par Anders Nygaard ;
- Forgotten Memories, un “story game” by Håken Lid.
Soit 17 jeux sous différentes formes. Certains ne durant que quinze minutes, d’autres plusieurs heures. D’ailleurs, si je me suis efforcé de garder les termes « roleplaying game », « story game », « roleplaying poem » et « chamber LARP », c’est parce que les auteurs du livre semblent en faire grand cas. Toujours est-il que c’est assez révélateur de pratiques différentes de celles dont nous avons l’habitude.
Si on reprend leurs définitions :
- roleplaying game : la forme traditionnelle ou chaque joueur contrôle un (au sens du chiffre) personnage et où le meneur sert d’arbitre et fournit opposition et de la matière à conflits ;
- story game : concentrent leur attention sur l’histoire elle-même, se servant des personnages comme outils pour créer un récit enthousiasmant. Souvent les fonctions traditionnelles du meneur et le pouvoir narratif sont répartis entre les joueurs ;
- roleplaying poem : généralement court, proches du GN et faits pour être joués en 15 minutes. Ils se concentrent généralement sur une expérience particulière plus que sur le récit ;
- chamber larp : en gros un GN court se jouant en quelques heures et limité à un espace « compact », voire une seule pièce (c'est pas une murder ça?).
Bon sincèrement, je ne suis pas sûr d’avoir compris quoi que ce soit à ces définitions, mais l’idée, c’est qu’on a des jeux qui se jouent avec ou sans meneur et sur des durées principalement de 15 minutes, d’environ une heure, ou de 2 ou 3 heures.
Concernant le contenu : le détail dans un prochain billet. A commencer par une introduction assez étonnante, expliquant finalement qu’on est pas tant que ça à plaindre niveau création en France, mais qu’eux par contre ont des concepteurs de jeux directement payés pour des commandes d'état. Et beh...





